CREDIBILITE DU PHENOMENE OVNI.

La crédibilité du phénomène ovni

Exposé de J.P. D’Hondt à la réunion du G.E.R.U. de janvier 2004.
D’après le livre de Gilles Pinon « Fatima un ovni pas comme les autres »
Editions Osmondes 2003.

Au stade actuel de l’ufologie, il semble intéressant de faire un bilan de la crédibilité que l’on peut accorder au phénomène ovni.

Tout d’abord il apparaît que nous sommes en présence d'un phénomène ayant de multiples facettes et dont l'existence globale ne peut être niée en raison de la multitude des témoignages, mais dont la complexité et l'étrangeté invite parfois certains à le rejeter en bloc.
Avant que de nous interroger sur sa nature et sur l'interprétation que nous pouvons raisonnablement lui donner, il nous faut reconnaître une évidence toute simple que personne ayant étudiée le dossier n'oserait contester:

Le phénomène existe. Qu'il soit supercherie, hallucination, fantasme ou application de lois physiques encore inconnues, qu'il ait une origine purement psychique ou qu'il soit le fait d'intelligences extraterrestres ou dimensionnel ou temporel, il a pris une telle ampleur qu'il n'est plus permis de l'ignorer, malgré des apparences parfois terrifiantes et parfois même absurdes.

Or il n'a quasiment aucune crédibilité aux yeux des institutions. En dépit de sa gravité potentielle, les gouvernements ne l'intègrent pas dans leurs politiques de défense, pas même dans leurs programmes de recherche. La communauté scientifique, dans sa grande majorité, ne daigne pas lui reconnaître une utilité d’études scientifiques. Elle a pris, à quelques exceptions près, le parti de le nier systématiquement, de le tourner en dérision ou de le traiter par le mépris. Les médias, la plupart du temps agissent de même.

Quant aux opinions publiques, elles sont partagées. Les américains sont en majorité convaincus de la réalité du phénomène UFO. Les Européens sont plutôt sceptiques, notamment les Français dont le cartésianisme verrouille les esprits en présence d'une information souvent dépréciée.

Le problème n'est pas tant de démontrer l'existence du phénomène. Il est statistiquement prouvé par le nombre considérable de témoignages dignes de foi. Le problème est de convaincre les sceptiques de toutes obédiences de sa réalité objective. C'est à ce prix que l'ufologie recevra la reconnaissance qu'elle mérite et que les dispositions nécessaires seront prises pour atténuer les effets pervers qui pourraient résulter d'une ignorance prolongée de cette réalité.

Pour que la manifestation d'ovni accède au statut d'études scientifiques, il lui faudrait répondre au moins aux deux conditions suivantes:
Le respect de la méthode expérimentale et la compatibilité avec les lois connues de la nature.
Or elle ne répond à aucune des deux.

En effet, ce que l'ufologie est en état d'étudier, ce ne sont pas les ovnis eux-mêmes, mais les témoignages relatifs aux ovnis. Or les témoignages inspirent la suspicion. Ils proviennent en effet la plupart du temps de personnes qui n’ont aucune légitimité scientifique, qui peuvent être soupçonnées de supercherie, qui n’ont pas la culture suffisante, et quand bien même l'auraient-elles, parce qu’elles ne sont pas en situation de recueillir les données d'observation avec toute la rigueur exigée par la méthode expérimentale.

Certes les statistiques sur les témoins montrent qu'ils sont à l'image du reste de la population. Les examens psychologiques et psychiatriques établissent, à de rares exceptions près, que leur sincérité ne peut être mise en doute et qu'ils sont convaincus d'avoir effectivement vécu le récit qu'ils rapportent. Chez quelques-uns, l'état de frayeur et les troubles psychiques qu'ils montrent dans les heures suivant leur expérience ne laisse aucun doute sur la réalité et l'ampleur du choc émotionnel qu’ils viennent de subir.

De surcroît, les effets physiques qui persistent après le départ de l'ovni, notamment les enregistrements des détections radar, les photographies, les traces au sol, la calcination de la végétation, tendent à montrer la matérialité de l'événement.

Mais sincérité des témoins et effets physiques rémanents ne sont pas des preuves directes. Une manifestation prise isolément n'est jamais avérée puisqu'elle n'est pas observée selon les normes rigoureuses de la science et surtout qu'elle n'est pas reproductible.

C'est encore plus vrai des rencontres rapprochées du quatrième type dont les récits ne sont pas issus de la mémoire consciente du témoin, mais restitués pendant des séances de régression sous hypnose. Lorsque l'on sait que l'hypnose permet toutes sortes d’affabulations et que les récits sous hypnose mêlent des événements véridiques et des projections issues de l'inconscient collectif, de l'inconscient de l'hypnotiseur et de celui du patient, on est donc en droit de douter que cette catégorie offre la possibilité de tirer des enseignements de son examen au premier degré.

D'autre part, les faits rapportés, quelle que soit la catégorie à laquelle ils appartiennent, sont incompatibles avec les théories scientifiques actuelles et leurs applications, qu'il s'agisse des sciences physiques ou des sciences humaines. En effet la plupart des déplacements aériens de l'ovni sont contraire aux lois de la mécanique, ses changements de forme et de dimensions contraire à la topologie de notre espace habituel, les interférences sur le fonctionnement des véhicules automobiles contraire aux lois de l'électromagnétisme et les déplacements en apesanteur de ses occupants à la gravité terrestre. De même la paralysie qui atteint parfois les témoins au moment des rencontres des troisième et quatrième types ne reçoivent aucune explication physiologique raisonnable.

En bref, l'ovni n'est pas crédible en tant qu'étude scientifique.

Pour la science sa crédibilité n'est pas démontrée.

Néanmoins c'est par la loi des grands nombres que le phénomène devient incontestable. D'un point de vue statistique il est donc avéré. Au fil des ans, le phénomène ovni gagne en complexité, une complexité qui frise parfois l'absurde, mais il gagne également en probabilité, qui elle tend de plus en plus vers une quasi--certitude. Plus le temps s'écoule, plus le phénomène devient certain mais moins il devient compréhensible. Tandis qu'il apparaît évident qu'une intelligence l’anime, tout se passe comme si elle faisait en sorte que nous soyons gagnés par la certitude de la réalité du phénomène sans pour autant nous donner les éléments pour le comprendre.

Pour l’instant nous sommes en mesure de tirer les enseignements suivants :
- L'ufologie est une discipline légitimée principalement par la gravité des questions qu'elle pose.
- Elle a mis en place des banques de données et des systèmes de classement qui permettent une étude statistique fondée sur des populations homogènes et significatives en qualité et en nombre.
- Mais chaque manifestation prise isolément, quelles que soient sa richesse informative et la fiabilité des témoins, ne peuvent être admise comme preuve directe car l'observation n'est jamais en accord avec la méthode scientifique et les faits rapportés avec les lois connues de la nature.
- L'ovni, étudié au cas par cas, n'est donc pas crédible en tant qu'objet scientifique.
- Avec le temps, on observe une complexité croissante du phénomène. Le nombre de cas atteint aujourd’hui dans le monde en démontre la réalité. Mais son contenu tend à devenir de plus en plus irrationnel au point de franchir parfois les limites de l'absurde dans les cas de rencontres du quatrième type par exemple.
-Il manque donc de crédibilité pour mériter la reconnaissance de la communauté scientifique.

C'est pourtant à la condition d'une acceptation unanime par les scientifiques, les médias et les politiques, que l'on sera à même d'en tirer des enseignements utiles et de prendre des dispositions qui pourraient s'avérer vitales, si le phénomène se révèle soit neutre, bienveillant, où hostile.

« Tout le dossier est résumé dans ce paradoxe : on a prouvé indirectement le phénomène des soucoupes volantes par la loi des grands nombres, mais on ne peut jamais le prouver directement. Tout se passe comme si le phénomène laissait traîner assez d'éléments pour nous convaincre qu'il y a quelque chose, mais se gardait d'aller plus loin. »

Ce qui fait défaut, c'est une démonstration éclatante, ostensible, incontestable qui le rende irréfutable.

Mais à quand une telle démonstration ? A ce jour il ne semble pas que ce soit dans les intentions de l’intelligence qui anime ce phénomène, qui n’a pas fini de nous intriguer.